Pendant de longues années, j’ai vécu dans le silence et l’incompréhension. J’ai été victime d’inceste de mes 2 à 13 ans, une réalité qui a bouleversé toute ma vie et ma santé. Les conséquences ont été lourdes : je me sentais seule, épuisée, incapable de comprendre ce que je vivais. Pourquoi je n’arrivais pas à avoir de relations amoureuses, pourquoi je me sentais toujours mal, bloquée, comme spectatrice de ma propre vie ? Tout était difficile, et je ne trouvais pas ma place, ni dans ma vie personnelle, ni professionnelle.
Ce qui a rendu les choses encore plus complexes, c’est l’amnésie traumatique. Pendant des années, j’ai vécu sans avoir accès à la mémoire de ce que j’avais subi. C’est par hasard, en découvrant le témoignage de Mié Kohiyama, que j’ai commencé à comprendre ce mécanisme. Puis, j’ai poursuivi mes recherches avec les travaux de Muriel Salmona, les témoignages de Flavie Flament, le sommet Quantum Way, et plus tard, grâce à mon compte Instagram, j’ai découvert le parcours d’Arnaud Gallais.
En mars 2020, pendant le confinement, j’ai créé "Combats de femme" sur Instagram. J’ai commencé à témoigner publiquement de mon histoire et à recueillir d’autres témoignages de victimes. J’ai aussi participé au mouvement #MeTooInceste. Tout cela m’a permis de comprendre mon histoire, de ne plus me sentir seule, et de trouver une forme de solidarité et de force collective.
Peu à peu, je me suis engagée dans le militantisme, d’abord avec le Collectif Féministe de l’Arrageois, puis avec Mouv’Enfants depuis deux ans. J’ai passé plus de vingt ans à chercher, lire, écouter des conférences sur les psychotraumatismes et l’inceste. J’y ai mis une grande partie de mon énergie, car malgré vingt ans de thérapies diverses, il me manquait des réponses. Je restais bloquée, sans réussir à avancer, à réaliser mes rêves ou à me sentir à ma place.
J’ai constaté que beaucoup de professionnels ne sont pas formés à l’inceste. On devient spécialiste par nécessité, pour survivre, pour comprendre, pour avancer. J’ai vu les manques, la complexité de vivre avec la dissociation, et l’illusion qu’il faudrait attendre une guérison totale pour commencer à vivre. Mais la guérison, qu’est-ce que cela veut dire ? Cela peut prendre des années, et pourtant, on mérite de vivre, d’aimer, d’être heureux et de réaliser ses rêves dès maintenant.
Aujourd’hui, j’ai l’impression de me réveiller après plus de vingt ans de coma. Je ne veux pas que ce soit la même chose pour toi. C’est pour cela que j’ai créé mon accompagnement "Révélation de Soi" : pour que tu ne sois plus seule, pour que tu puisses bénéficier de mon expérience et de tout ce que j’ai appris. Je veux t’aider à vivre pleinement, telle que tu es aujourd’hui, sans attendre une guérison parfaite qui n’existe peut-être pas.
Tu mérites de vivre, d’aimer, de t’épanouir, ici et maintenant. C’est possible, et je suis là pour t’accompagner sur ce chemin.
La dissociation traumatique, c’est quoi exactement ?
La dissociation est un mécanisme de protection du cerveau face à des situations trop douloureuses ou insupportables. Elle agit comme un “décrochage” de la réalité, une sorte de mise à distance de ce qui se passe, pour permettre à la personne de survivre à l’instant présent. On parle souvent de l’impression d’être là sans être vraiment là, de vivre les choses comme un spectateur, ou d’avoir des trous de mémoire.
Mon expérience avec la dissociation
Pour ma part, la dissociation fait partie de ma vie depuis toujours. J’ai grandi avec cette sensation étrange d’être présente sans l’être vraiment. Cela se manifeste par des difficultés de concentration, de mémorisation, et une impression de ne pas être totalement connectée à ce qui m’entoure.
Quand je m’ennuie, que je suis stressée ou mal à l’aise, je peux très vite partir dans mon monde intérieur. À l’école, cela a créé des difficultés pour suivre les cours, retenir les informations, ou même rester attentive. Plus tard, dans le monde du travail, ces mêmes difficultés se sont retrouvées : oublier un trajet, ne pas me souvenir d’une réunion, ou avoir du mal à rester “présente” dans les échanges.
La dissociation, c’est aussi parfois une anesthésie émotionnelle. Comme si les choses glissaient sur moi, sans vraiment m’atteindre. Cela peut rendre compliqué le fait de se lier aux autres, car on n’est pas vraiment là, pas totalement disponible à la relation.
Changer de regard sur la dissociation
Longtemps, j’ai vu la dissociation comme un problème à résoudre à tout prix. On nous dit souvent qu’il faut “rester présente”, “être dans l’instant”, “se reconnecter à soi”. Mais la dissociation n’est pas là par hasard. Elle est un mécanisme de survie, une protection mise en place par notre cerveau pour nous permettre de traverser l’insupportable.
Dans le cas de traumas complexes comme l’inceste ou les maltraitances dans l’enfance, la dissociation peut rester présente très longtemps. Vouloir la faire disparaître à tout prix, c’est parfois se heurter à un mur, et s’épuiser inutilement.
Apprendre à cohabiter avec la dissociation
Après plus de vingt ans de thérapies et de lutte intérieure, j’ai compris qu’il était plus doux et plus efficace d’apprendre à connaître la dissociation, à cohabiter avec elle, plutôt que de la combattre.
Oui, on fonctionne différemment, mais on fonctionne ! On n’a pas toujours le contrôle sur la dissociation, mais on peut apprendre à adapter son quotidien, à s’écouter, à respecter son rythme.
C’est un chemin d’acceptation, de compréhension, et de bienveillance envers soi-même. On gagne en énergie, en paix intérieure, et on cesse de se battre contre une partie de soi qui, finalement, a toujours voulu nous protéger.
C’est ce que je propose dans “Révélation de Soi”
Dans mon accompagnement “Révélation de Soi”, je t’aide à comprendre la dissociation, à apprivoiser ce fonctionnement, et à trouver des solutions concrètes pour vivre avec, sans culpabilité ni honte.
Après des années de lutte, j’ai appris à vivre avec la dissociation, à l’intégrer dans mon quotidien, et à avancer malgré elle. Je te propose de t’accompagner sur ce chemin, pour que tu puisses, toi aussi, cesser de te battre contre toi-même et commencer à vivre pleinement, telle que tu es aujourd’hui.
Tu n’es pas seule, et il est possible de trouver un équilibre, même avec la dissociation. Tu mérites de vivre, d’aimer, et de t’épanouir, ici et maintenant.
Quand on parle d’inceste, la question de la guérison revient souvent. Beaucoup de personnes, y compris certains professionnels, évoquent la possibilité de “guérir” de ce traumatisme. Mais que signifie vraiment ce mot, et est-il adapté à la réalité de celles et ceux qui ont vécu l’inceste ?
L’importance d’être cru et protégé
Les études et les témoignages montrent que les enfants qui sont crus et protégés dès le départ ont beaucoup plus de chances de se reconstruire sans séquelles majeures. Quand la parole de l’enfant est accueillie, respectée, et que des mesures de protection sont prises, le traumatisme peut être limité, voire ne pas laisser de traces durables.
Mais plus les violences durent, plus l’enfant n’est pas cru, ni protégé, plus le trauma s’installe profondément. Il devient alors complexe, et ses conséquences peuvent marquer toute une vie.
Ce que disent les spécialistes sur la “guérison”
Des spécialistes comme la psychiatre Muriel Salmona, la psychologue Marie-France Hirigoyen ou encore la chercheuse Judith Herman insistent sur la complexité du trauma incestueux. Muriel Salmona, par exemple, parle souvent de “reconstruction” plutôt que de guérison, car le trauma s’inscrit dans le corps, le cerveau, et la mémoire.
Judith Herman, dans son livre “Trauma et Récupération”, explique que le processus de réparation est long, non linéaire, et qu’il s’agit plus d’un chemin vers la stabilité et le mieux-être que d’une guérison totale.
Mié Kohiyama, survivante et militante, évoque aussi la nécessité de sortir de l’injonction à la guérison, qui peut être culpabilisante pour les victimes.
Mon point de vue : la guérison, un mythe dangereux ?
Pour ma part, je ne crois pas à la guérison totale de l’inceste. Ce que j’ai vécu a changé ma personnalité, mon rapport au monde, et a influencé mon “destin”. C’est ancré en moi, dans mes cellules. On garde des séquelles, même si elles évoluent avec le temps.
Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas vivre, se construire, et être de moins en moins impacté par le trauma. Chaque petite victoire compte : aller faire des courses si c’était difficile, prendre la parole en public, oser dire non… Ce sont des pas concrets vers le mieux-être. Petit à petit, l’impact du trauma diminue, même s’il ne disparaît jamais complètement.
Je ressens parfois de la colère envers les discours qui promettent la guérison ou qui font porter la responsabilité d’aller bien uniquement sur la victime. C’est faux et culpabilisant. On ne choisit pas d’avoir été blessé, et on ne peut pas tout réparer par la seule volonté.
Il est essentiel de respecter son rythme, ses besoins, et de ne pas se comparer à un idéal de guérison qui n’existe pas. Prends le temps dont tu as besoin, même si c’est difficile dans un monde qui va vite. Plus tu respecteras ton rythme, plus tu avanceras sereinement, à ton propre pas.
Mon accompagnement : avancer vers le mieux-être, pas vers une guérison illusoire
Dans mon accompagnement “Révélation de Soi”, je ne parle pas de guérison, mais de mieux-être. Je t’aide à adapter les choses à ton propre fonctionnement, à ne pas te faire violence, et à ne pas attendre une guérison parfaite pour commencer à vivre ta vie.
Tu as le droit de vivre, d’aimer, de rêver, même avec tes blessures. Ce chemin est possible, et tu n’as pas à le parcourir seule.
L’affirmation de soi, c’est la capacité à exprimer ses besoins, ses opinions, ses limites et ses émotions de façon claire, respectueuse et authentique, tout en respectant celles des autres. C’est savoir dire oui, mais aussi savoir dire non, sans culpabilité ni peur du jugement.
Pourquoi l’affirmation de soi est-elle si difficile après l’inceste ?
Quand on a vécu l’inceste, l’affirmation de soi peut sembler inaccessible, voire dangereuse. En tant qu’enfant, dire non ou exprimer ses limites pouvait représenter un risque réel. On a souvent appris à se taire, à subir, à ne pas avoir de choix, simplement pour survivre.
Avec le temps, cela laisse des traces :
Tout cela est normal après un tel vécu, mais il est possible de réapprendre, petit à petit, à s’affirmer.
Pourquoi l’affirmation de soi est-elle essentielle pour se sécuriser ?
S’affirmer, c’est poser des repères clairs dans nos relations, qu’elles soient professionnelles, amicales, familiales ou amoureuses. C’est particulièrement important dans l’intimité et les relations sexuelles, où le respect de ses limites est fondamental pour se sentir en sécurité.
En apprenant à dire non, à identifier et à exprimer ses limites, on se protège des situations qui pourraient nous mettre en danger ou nous faire revivre des schémas du passé.
L’affirmation de soi aide aussi à prendre confiance en soi, à se sentir mieux au quotidien, car on s’écoute et on respecte ses besoins. On se valorise, on apprend qu’on a autant de valeur que les autres, et on arrête de s’oublier. C’est un vrai cadeau pour sa santé mentale et physique.
Mon expérience : l’affirmation de soi a transformé ma vie
Pour moi, apprendre à dire non sans culpabiliser, à identifier mes limites et à les exprimer, a été un tournant dans ma reconstruction. Cela a changé ma vie à tous les niveaux : dans mes relations, dans mon travail, dans ma façon de me voir et de me respecter.
Ce n’est pas toujours facile, cela demande du temps et de la bienveillance envers soi-même, mais chaque petit pas compte.
C’est pour cela que j’ai créé la formation “Girl’s Power”
J’ai constaté que l’affirmation de soi est souvent négligée, même en thérapie, alors qu’elle est essentielle pour se reconstruire après l’inceste.
Avec “Girl’s Power”, je t’accompagne pour apprendre à t’affirmer, à poser tes limites, à te respecter et à te sentir en sécurité dans toutes les sphères de ta vie.
Tu as le droit de t’écouter, de t’exprimer, de te protéger et de t’épanouir. L’affirmation de soi est un chemin, et tu peux le parcourir à ton rythme, sans pression.
Tu mérites de te sentir en sécurité, respectée et valorisée. Et tu n’es pas seule sur ce chemin.